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CANNES 2010 Mis en ligne le 19/05/10 I Rédaction par Arnaud Bihel
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« Deeper than yesterday », profonde émotion

La première claque vient de là où on ne l'attend pas. C'est dans la salle la plus excentrée de la Croisette, l'espace Miramar où se déroulent les projections de la Semaine de la Critique. En ouverture de « Sound of Noise », un court-métrage : « Deeper than yesterday », de l'australien Ariel Kleiman. Des hommes dans un sous-marin russe, confinés depuis trois mois dans les profondeurs. Un monde clos et viril, trop viril, où, en quelques scènes mêlant agressivité et sensibilité, se dégage un violent sentiment de frustration sexuelle. Mais un « miracle » apparu à la surface va faire naître, de l'un des participants à ce huis-clos malsain, un acte de pure grâce. D'un cinéma en toute simplicité, en esquisses et sons étouffés, ce mal-être des profondeurs offre vingt minutes d'émotions pures.

Le site du film (et la bande-annonce) : http://www.deeperthanyesterday.com

« Sound of noise » assassine joyeusement Mozart

Le long-métrage qui suit nous plonge dans un tout autre cinéma. « Sound of noise », ce polar musical suédois, s'annonçait comme un grand moment de plaisir déjanté. C'est le cas, en grande partie. Le film débute à tombeau ouvert sur solo de batterie. Et réunit bientôt six percussionnistes hors-normes, rebelles sans cause, décidés à faire de la ville un terrain d'expérimentation musicale.

Dans le court-métrage réalisé il y a quelques années par les mêmes auteurs, Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson et avec les mêmes « six drummers », ce terrain se limitait à un appartement. Ici, c'est avec un bloc opératoire, une banque ou des engins de chantier qu'ils donnent libre cours à leur sens du rythme. Des terroristes sonores pour un monde qui ronronne, traqués par un flic allergique à la musique. La bien-pensance en prend pour son grade, et nous plein les oreilles. Car évidemment les rythmes et les sons - le silence aussi – portent le film tout autant que ses personnages.

Après le succès de leur court-métrage, les auteurs ont mis quatre ans pour accoucher de ce film anarchisant et réjouissant – dont on regrette finalement qu'il ne pousse pas l'expérimentation aussi loin que les percussionnistes qu'il met en scène ; qu'il rentre peu à peu dans le rang, perdant au fil des scènes de sa folie furieuse. Mais quelques bouffées de non-conformisme, à Cannes, cela fait déjà un bien fou.

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