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Saga Mis en ligne le 12/10/11 I Rédaction par La rédaction
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Comme la journaliste russe assassinée en 2006, elle se bat pour la vérité malgré les risques. L'avocate et journaliste syrienne Razan Zaitouneh a été distinguée dans l'ombre des Nobel de la paix.


C'est un prix à la symbolique moins forte que le Nobel de la paix, attribué cette année à trois femmes. Mais comme le Nobel, et le même jour, le prix Anna Politkovskaya a distingué une autre militante de la paix :Razan Zaitouneh, avocate et journaliste syrienne de 34 ans. Ce prix, du nom de la journaliste russe assassinée le 7 octobre 2006, est attribué à des femmes défenseures des droits humains dans les zones de conflit (1). L'organisation RAW in WAR récompense ainsi la jeune Syrienne pour « son courage à dénoncer les atrocités que subit actuellement le peuple syrien ».

Clandestine

La répression contre l'opposition au régime de Bachar el Assad a fait plus de 2 900 morts depuis le mois de mars, selon l'ONU, et des milliers de personnes ont été arrêtées en Syrie. Razan Zaitouneh a pris une part active dans l'organisation des manifestations et a été forcée d'entrer dans la clandestinité en avril. Son mari, Wael Hammada, a été emprisonné pendant 3 mois, et sans doute torturé.

L'attribution de ce prix, le 7 septembre, est intervenue deux jours après que la Chine et la Russie ont opposé leur veto, à l'ONU, à une résolution condamnant les autorités syriennes. « La preuve que malheureusement, les gouvernements ne se préoccupent que de leurs propres intérêts », a commenté Razan Zaitouneh à Amnesty International. Une occasion supplémentaire, pour RAW in WAR, « d'honorer Razan Zaitouneh pour son besoin d'attirer l'attention internationale sur ceux qui ne peuvent se faire entendre ». Pour l'organisation, elle est « l'une des principales sources d'information pour l'étranger sur les meurtres et tortures de civils par l'armée et la police en Syrie ».

« Nous continuons »

A 24 ans, en 2001, Razan Zaitouneh créait avec d'autres avocats un réseau de défense des prisonniers politiques et était l'une des fondatrices de l'Association syrienne des droits de l'Homme. En 2005, elle fondait le site d'information SHRIL (Syrian human rights information links), auquel elle contribue toujours.

« Le plus beau, dans la révolution syrienne, c’est l’entrain du peuple syrien, qui transforme les manifestations en festivals de chants, de danses et de clameurs à la liberté, malgré les balles, les arrestations et les chars d’assaut. Cette détermination et cet espoir ne peuvent que nous motiver pour poursuivre notre lutte pour la liberté », a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« Anna Politkovskaya, nous continuons », poursuit-elle en conclusion de la lettre (ici en anglais) écrite en réponse à son prix et adressée symboliquement à la journaliste russe. « Nous continuons en votre mémoire, et en mémoire de tous les autres symboles de vérité et de liberté, jusqu'à ce que la liberté, la justice et la démocratie s'imposent en Syrie comme dans le monde entier ».


(1) Les précédentes lauréates du prix :

2007 : Natalia Estemirova. La journaliste russe, amie d'Anna Politkovskaya, a été abattue en Tchétchénie en 2009. Ces deux meurtres n'ont pas été élucidés.

2008 : Malalai Joya, plus jeune élue, en 2005, au Parlement Afghan.

2009 : One Million Signatures Campaign, campagne de pétitions pour réclamer l'égalité des droits pour les femmes en Iran.

2010 : Halima Bashir, voix des femmes du Darfour.

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