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Environnement
Mis en ligne le 24/06/11
Le 8 mars, en dévoilant son « plan pour l'efficacité énergétique », la Commission européenne s'inquiétait de la capacité des Européens à faire preuve d'efficacité. Les 27 sont censés réduire leur consommation énergétique de 20% d'ici 2020. Mais au rythme actuel, ils resteraient à mi-chemin de cet objectif. Les mesures inscrites trois mois plus tard dans sa proposition de directive, présentée mercredi 22 juin, suffiront-elle à redresser la barre ? C'est loin d'être sûr. Le texte « contient trop de failles pour permettre à l’Union européenne de respecter son engagement », estime l'eurodéputé écologiste luxembourgeois Claude Turmes. La Commission n'impose pas d'objectifs nationaux contraignants, du moins pas avant une deuxième phase après une évaluation, en 2014. Elle oublie notamment « l’enjeu de la rénovation des bâtiments, qui consomment pourtant 40% de notre énergie en Europe », souligne le député européen (EELV) Yannick Jadot. L'efficacité et la sobriété énergétique sont pourtant un élément incontournable en matière de lutte contre le réchauffement climatique. « Le potentiel d’amélioration de nos bâtiments, de nos moyens de transport et des appareils que nous utilisons est considérable : il est possible de réduire d’un facteur 2 à 5 nos consommations d’énergie et de matières premières », souligne l'association négaWatt, qui milite pour une « transition énergétique ». « Bégaiement » français En France, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a installé le 17 juin une « table ronde nationale » précisément consacrée à l'efficacité énergétique. Entre 2001 et 2008, la consommation d'énergie finale totale de la France a été quasiment stable, avec un gain d'efficacité d'environ 1,5% par an. La ministre souhaite doubler ce rythme pour « atteindre voire dépasser 20 % en 2020 ». Yannick Jadot qualifie cette annonce de « bégaiement », puisque la France s'est engagée dès 2008 à tenir cet objectif de 20% de gain d'efficacité. Il faudrait, d'abord, concrétiser les engagements pris lors du Grenelle de l'Environnement, poursuit l'élu écologiste. Or, depuis, « le gouvernement a multiplié les projets autoroutiers, la part des modes de transport durables a baissé en France, et les rénovations des logements ne sont que des demi-rénovations. » Plusieurs associations d'envergure qui avaient participé aux discussions du Grenelle ont, cette fois, décliné l'invitation du ministère à participer à cette table ronde. « Nous souhaitons vous informer que nous estimons que le niveau de mise en oeuvre effective des mesures du Grenelle est insuffisant pour ouvrir un nouveau chantier visant à aller plus loin », écrivaient-elles le 1er juin à Nathalie Kosciusko-Morizet. Où l'on retrouve le nucléaire Le contexte post-Fukushima explique aussi la désaffection des associations. « Nous ne voyons pas comment discuter d'économies d'énergie sans questionner la problématique de la production de celle-ci, en particulier de la production d'origine nucléaire ou fossile qui sont en parfaite contradiction avec la maîtrise de l'énergie », poursuivent-elles. NégaWatt, qui a également décliné l'invitation, est sur la même longeur d'ondes : « Aucun débat sur l'énergie ne peut faire l'impasse sur l'alternative entre sortie du nucléaire et prolongation ou renouvellement du parc ». Le nucléaire s'invitera aussi dans les débats européens sur la proposition de directive, qui vont se poursuivre pendant au moins six mois. « La manière de calculer les consommations d'énergie pourrait être l'un des points d'achoppement entre la Commission et les Etats membres, au premier rang desquels la France », remarque le site Actu-Environnement : « Si la Commission européenne exprime son objectif en consommation d'énergie primaire, la France lui préfère la consommation en énergie finale qui lui est plus favorable vue la place de l'électricité nucléaire dans son mix énergétique. » Image : Commission européenne LA SELECTION
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