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Civilisation
Mis en ligne le 20/10/11
Un rapport gouvernemental fait le point sur « l’évolution de la pauvreté en France ». Un chiffre, qui fait état d'une baisse du taux de pauvreté, est aussitôt contesté. C'est oublier que le document fournit d'autres indicateurs, moins biaisés. Selon le document de 100 pages, publié mercredi 19 octobre par le ministère des Solidarités, le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté ancré dans le temps a baissé en France de 5,3% entre 2006 et 2009. Il s'établissait en 2009 à 11,8%, contre 13,1% en 2006 (soit 7,1 million de personnes, contre 7,5 deux ans plus tôt). La pauvreté a reculé, vraiment ? Dès la publication du rapport, Libération fait état des critiques de statisticiens et responsables associatifs, pour qui ces chiffres sont « biaisés ». En cause : cet indicateur de « pauvreté ancré dans le temps ». Il prend en compte les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté - qui correspond, c'est la norme en Europe, à 60% du revenu médian – mais en conservant 2006 comme année de référence de ce revenu. Sans prendre en compte l'évolution globale de la richesse. Pour l'économiste Jean Gadrey qui dénonce lui aussi une « arnaque », cela revient donc « à minorer le seuil de pauvreté en le bloquant au niveau atteint plusieurs années plus tôt. » Drôle de mode de calcul, que le gouvernement revendique pourtant : il s'agit bien là de « l’indicateur principal retenu pour mesurer » l'évolution de la pauvreté durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Autres indicateurs Mais principal ne veut pas dire unique. Et, contrairement au reproche de Libération, le rapport ne cache pas les chiffres moins souriants fournis par d'autres indicateurs de pauvreté. S'il y est « écrit en gras, pour frapper le lecteur », comme le remarque Libé, que « le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté ancré dans le temps a baissé », il est également mentionné en gras que, selon d'autres indicateurs, la pauvreté a bel et bien augmenté.
Reste aussi que, si le gouvernement ne l'écrit pas, il est très loin de l'objectif affiché en 2007, et qui est l'objet du suivi de ce rapport annuel : réduire d'un tiers la pauvreté en 5 ans. Puisque, même avec les meilleurs chiffres, les auteurs du document ne peuvent constater qu'une baisse de 5,3% en 3 ans. La faute à la crise, se justifie le gouvernement. L'Insee faisait cette même remarque l'an dernier : « L’augmentation du nombre de personnes pauvres peut être rapprochée de la hausse du chômage induite par la crise ». Laquelle n'a pas fini de produire ses effets. Lire aussi sur LES NOUVELLES news : 13% de pauvres en France... ou 20% (septembre 2010) ; et notre Dossier "Indicateurs de richesses et bien-être". LA SELECTION
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